C'est l'automne. Depuis quelques jours, je commence à le ressentir.
Le ciel est gris. Le temps hésite entre pluie ou pas pluie. Les fougères et les arbres roussissent. Les érables rougissent. Un Espagnol ramasse des châtaignes. Et avec la pluie de la nuit, les champignons sortent.. Par dizaines, par endroit.
Le ciel est gris. Le temps hésite entre pluie ou pas pluie. Les fougères et les arbres roussissent. Les érables rougissent. Un Espagnol ramasse des châtaignes. Et avec la pluie de la nuit, les champignons sortent.. Par dizaines, par endroit.
Aujourd'hui, le Camino emprunte principalement des routes et traverse un beau bocage. Parfois, une longue ligne droite se dessine devant nous, nous laissant penser que nous la suivrons jusqu'au bout, mais soudain le Camino, prend la tangente et s'enfonce dans une jolie allée bordée de chênes. Rien n'est écrit. Et rien n'est plus agréable que de se laisser surprendre, par une bifurcation, un ruisseau, une côte, un oiseau, une fleur, un pèlerin que l'on retrouve, un que l'on croyait devant et qui vous double...
Au loin 5 petit points oranges ! Je rejoins le groupe d'Espagnols. Ils ont tous la même protection de sac, Decathlon ( alors qu'ils ne se connaissaient pas tous au départ !)
Et ça parle beaucoup ! Et ça chante toujours ! J'aime partager, pendant quelques km, cette bonne humeur, puis prendre le large à mon rythme.
A Melide, le Camino Primitivo rejoint le Camino Francès. Ce sont des dizaines de pèlerins qui affluent.
Sur les conseils d'un passant, je m'arrête dans un bar pour manger du poulpe à la gallega. On ne saurait passer à Melide sans ça !
Je dois attendre qu'un groupe de pèlerins asiatiques finisse de déjeuner pour que le serveur installe ma table.
Yves le Parisien, me rejoint pour déjeuner et finir l'étape ensemble !
Cela fait 4 mois qu'il est parti de Paris et ses sentiments sont confus, entre joie et tristesse de voir arriver la fin du périple.
Comme j'évite de me projeter, je n'en suis pas là. Je suis plus que jamais dans le moment présent et profite de chaque instant.
Le présent est la seule chose
qui n'ait pas de fin
Edwin Schroedinger
En vrac :
- un moineau qui s'envole à mon passage.
- une odeur chaude, agréable et indéfinissable, en passant près d'un bois
- la boue de certains passages
- 3 pèlerins asiatiques qui font une pause à un endroit que j'aurais pu choisir
- la rosée du matin sur un fushia
- Laura qui est fatiguée à 5 km de Melide
- la silhouette d'Yves devant moi qui se détache sur le ciel lors d'une montée
- un grenier à grain ancien sur un fonds d'éoliennes, tradition et technologie
- une dame espagnole qui me propose quelques châtaignes qu'elle vient de ramasser
- un arrêt de bus en tôle, vintage
- les 2 jeunes copines italiennes qui n'arrêtent pas de parler en marchant et qui me demandent de les prendre en photo
Encore un tout petit hameau avec 3 albergues, un bar et rien d'autre.
L'albergue A Naves est grande, fonctionnelle, et moderne. Elle propose un menu commun le soir à base de paella faite sur place devant les pèlerins.
En attendant, Laura propose de me montrer comment on joue au Parchiz, sorte de petits chevaux avec beaucoup plus de règles, et beaucoup plus machiavélique (on a tout intérêt à manger les autres). Il est surtout joué par les enfants et les vieux !!!
Nous voilà à jouer avec Marta, Javier, Laura, comme des gamins. Marta déteste perdre et... gagne.
Le petit déjeuner est aussi pris sur place en commun dans une ambiance très conviviale où Juan Ma pousse même la chansonnette.
Après la brume, la pluie et le vent...le froid !
Il fait 12° quand je commence à marcher ce matin à 8:00. La ville est endormie, les rues de Lugo sont désertes. Le jour commence à peine à poindre. Je suis toute seule. Je ne sais pas où est passé le groupe d'Espagnols avec lequel j'étais ces 2 derniers jours. Devant ? Derrière moi ?
Le chemin est facile plutôt plat. C'est un petit sentier sur le bas-côté d'une route principale.
A San Vincente de Burgos, dans un café dans lequel je ne me serais jamais arrêtée en temps normal, tant il est peu accueillant de l'extérieur, ils sont tous là à prendre le petit déjeuner.
Nous repartons ensemble. Le groupe est joyeux. On dirait une colonnie de vacances. Pepe et Juan entament même quelques chants Espagnols, chants de Tunas, dont je connais les airs, car joués par les Bandas du Sud ouest.
Je cherche dès le réveil,
ce qui est nécessaire au jour
pour être un jour :
un rien de gaité.
Christian Bobin
Je fais aussi un bout de chemin avec une avocate suisse qui se trouve au milieu du groupe au gré des chassés croisés. Elle connait très bien la France et l'Europe.
Le paysage est un peu plus vallonné et champêtre. Les maisons en granit rappellent celles de la Bretagne.
Au km 20, vers midi, les Espagnols s'arrêtent pour une simple pause. Je poursuis quelques km pour déjeuner. Eux ne le feront qu'une fois arrivés à l'Albergue. Je suis Française et j'ai besoin de déjeuner avant 15:00 !
En vrac :
- les rues en pente de Lugo
- les Dupont et Dupond partent derrière et se retrouvent devant. Ils jouent habilement du raccourci par la route.
- le vent qui fait chanter un poteau métallique
- un pied de courge sauvage
- la lumière sur le pont de Lugo
- 2 frères, très grands Espagnols (2 m) d'Alicante Juan Carlos et Abraham qui se sont joints au groupe
- je retrouve Yves et Esther.
- les greniers galiciens différents des Horreos Asturiens


































































